Installer un système d’arrosage goutte à goutte dans son jardin : comment faire ?
L’arrosage manuel devient vite contraignant quand les besoins des plantes diffèrent d’une zone à l’autre du jardin. Le goutte à goutte permet une réponse adaptée, en apportant l’eau lentement et directement au pied des végétaux, via un réseau de tuyaux, de goutteurs et de raccords. Ce type d’installation demande surtout une organisation réfléchie par rapport à la surface, au débit disponible et aux plantations à desservir.
Bien évaluer les besoins de son jardin avant de se lancer
Avant d’installer un arrosage goutte à goutte, il convient de regarder son jardin comme un ensemble de secteurs aux besoins distincts.
Potager, haie, massif de fleurs ou d’arbustes n’ont pas la même demande en eau. La nature du sol entre également en ligne de compte : une terre sableuse laissera filer l’eau rapidement, alors qu’un sol argileux la retiendra plus longtemps dans ses profondeurs. L’exposition au soleil, la pente et le vent modifient aussi la fréquence des besoins en arrosage. Ce premier aperçu a pour but d’éviter le réseau trop uniforme qui arrosera tout autant les lieux secs que les endroits humides.
Il faut ensuite identifier la source d’eau utilisable et s’assurer qu’elle soit compatible avec le matériel prévu. Un robinet extérieur est généralement suffisant, sous réserve qu’il délivre une pression correcte et constante. La longueur du réseau total, le nombre de plantes à desservir et l’éventuelle distance entre les zones à irriguer constituent des variables importantes pour envisager l’installation. C’est aussi maintenant que l’on choisit si l’on veut un arrosage manuel ou programmé. Plus cette première évaluation est fine et complète moins l’installation du réseau sera longue et fastidieuse… mais elle sera réellement utile au quotidien !
À chaque configuration son matériel pour un arrosage goutte à goutte réussi
Le type de matériel que vous utiliserez dépendra de la configuration relevée sur le terrain.
Le système minimum comprend un raccord au robinet, un filtre, un réducteur de pression, un tuyau principal (avec ses dérivations), et les goutteurs. Le filtre permet de retenir toutes les impuretés susceptibles de boucher le réseau. Le réducteur de pression abaisse la force de l’eau pour la rendre compatible avec ce mode d’arrosage lent. Les goutteurs délivrent l’eau, au pied des plantes et localement, ce qui évite une trop grande évaporation et le fait de mouiller inutilement les feuilles ou les zones nues.
Selon vos plantations, vous pouvez opter pour des goutteurs intégrés dans un tuyau poreux (type « tuyaux à suintement ») ou pour des goutteurs à piquer que vous placerez un par un (goutteurs classiques). Le premier type est particulièrement adapté aux alignements réguliers, comme les haies d’arbustes ou les rangs du potager. Le second vous permettra d’être plus libre dans votre installation, et sera idéal pour des arbustes plantés à distance les uns des autres ou pour des pots. Pensez également à vous munir de bouchons de fin de ligne, de tés et de coudes ainsi que quelques pièces de réparation. Et si vous souhaitez automatiser l’ensemble du système d’arrosage, sachez qu’il existe des programmateurs qui se fixent directement au robinet et déclenchent l’arrosage aux horaires souhaités.
Établir le plan du réseau et repérer les lignes
Une fois le matériel réuni, on peut tracer, avant toute pose, le parcours du réseau.
Schématiquement, ce plan n’a pas à être sophistiqué, mais il doit mentionner le point d’eau, les zones à arroser, les obstacles rencontrés en chemin et le trajet du tuyau principal. L’idée est de réduire au maximum les détours éventuels, les longueurs inutiles et de garder un accès aisé aux emboîtements des raccords. Un joli tracé permet aussi d’anticiper des passages délicats comme à proximité d’une allée, d’une terrasse ou d’un endroit souvent piétiné.
Le repérage sur le terrain viendra compléter ce dessin. On peut poser les tuyaux au sol (sans les fixer) pour visualiser les lignes et vérifier l’écartement entre les goutteurs et les plantes. On visera la base des végétaux où se situent les racines qui vont absorber l’eau, sans pour autant coller exactement au tronc ou à la tige. Cette étape permet également de distinguer les différents secteurs selon leurs besoins spécifiques. Une même ligne devra regrouper des plantes qui ont des exigences proches afin de simplifier les réglages ultérieurs et éviter les compromis peu efficaces.
Étape par étape, de l’arrivée d’eau aux goutteurs
L’installation démarre au point d’arrivée d’eau.
On commence par fixer le programmateur (si on en utilise un), puis le filtre et le réducteur de pression, si on en a prévu un. On déroule ensuite le tuyau principal jusqu’aux différentes zones prévues sur le plan. Si le tuyau est assez rigide, il est préférable de le laisser se réchauffer au soleil avant de l’installer : il sera plus souple et donc plus facile à manipuler.Les dérivations se font avec les raccords appropriés, on coupe proprement le tuyau principal pour que la dérivation soit étanche. À ce stade, il ne faut pas encore fermer toutes les extrémités.
Pour une installation réussie, suivez les étapes ci-dessous :
Voici les étapes à suivre pour bien installer votre système d’arrosage goutte à goutte :
- Installez le programmateur près du point d’eau, en prenant soin de le protéger des intempéries.
- Mettez un filtre en place pour éviter que les impuretés viennent boucher les goutteurs.
- Ajoutez un réducteur de pression si la pression de l’eau est trop importante afin de protéger le système.
- Déroulez le tuyau principal en suivant le plan, puis laissez-le se réchauffer au soleil si cela est nécessaire pour faciliter la manipulation.
- Réalisez les dérivations avec des raccords adaptés en coupant le tuyau bien droit pour obtenir une parfaite étanchéité.
- Ne fermez pas encore les extrémités du tuyau afin de permettre le rinçage du système.
Les goutteurs sont ensuite installés au plus près des plantes selon leur taille et leur espacement. Dans un massif dense, on positionne plusieurs points d’arrosage à différentes profondeurs pour irriguer toute la zone racinaire. Pour un arbuste, un ou plusieurs goutteurs sont disposés autour du pied. Avant de fermer les fins de ligne, on ouvre l’eau quelques instants pour chasser les petits débris qui auraient été introduits pendant le montage.
Ensuite, on bouche les extrémités, on fixe les tuyaux au sol avec des sardines et on vérifie que rien n’est pincé. Il est aussi conseillé de tester chaque zone individuellement pour s’assurer que le débit est homogène et qu’aucun goutteur n’est bouché ou détérioré.
Régler, tester et entretenir son installation au fil des saisons
Une installation parfaitement posée ne pourra fonctionner efficacement que si elle est réglée en fonction de l’usage réel.
Le premier test a pour but d’observer la répartition de l’eau : chaque goutteur doit couler de manière régulière, sans fuite aux raccords et sans zone oubliée. Il faut ensuite adapter la durée de l’arrosage au type de sol, à la saison et au stade de croissance des plantes. Un sol humide en profondeur est préférable à un arrosage trop fréquent et superficiel. Si certaines plantes semblent avoir un besoin différent, il est possible de décaler un goutteur ou de créer une petite dérivation dédiée.
L’entretien est peu contraignant mais il doit être effectué régulièrement. On nettoie le filtre pour éviter les obstructions et on contrôle les goutteurs s’ils semblent moins actifs. En cours de saison, il arrive qu’un tuyau soit déplacé par un outil ou piétiné plusieurs fois, modifiant ainsi l’arrosage sans qu’on s’en rende compte. Avant l’hiver, il est prudent de vidanger le réseau si le gel est envisageable et de protéger les éléments sensibles. Au printemps, une remise en route avec rinçage et vérification générale permet d’assurer une reprise sur une installation fiable.
